Legislature 2018-2024

Déclaration de politique générale

Prononcée par Monsieur le Bourgmestre Maxime Prévot, au nom de la majorité communale CDH-ECOLO-MR
 3 décembre 2018

Mesdames et Messieurs, chers collègues,
Chers membres de ce nouveau conseil communal,
Chers Namuroises et Namurois,

Un nouveau cycle de six ans débute ce soir. Six années durant lesquelles nous allons pouvoir travailler ensemble en faveur de la bonne gestion de notre Ville et surtout en faveur de la qualité de vie de tous les Namurois.

Le scrutin du 14 octobre dernier aura rebattu les cartes de cette assemblée. Au bonheur des uns et au malheur des autres, c’est selon. De nouvelles formations politiques font à présent leur entrée au conseil communal, à savoir DéFI et le PTB. Qu’elles en soient félicitées, puisque les sièges obtenus sont le reflet de la volonté exprimée par un certain nombre de citoyens. Gageons que le travail que nous pourrons mener, avec vous comme avec le PS, sera de nature constructive dans l’intérêt des Namurois(es).

Si notre majorité communale est sortie des urnes consolidée avec une représentativité électorale de 60% des votes exprimés et 31 sièges sur 47, ses rapports de force internes ont été modifiés. Ce qui, par contre, n’a nullement été modifié ni même altéré d’une quelconque manière, c’est la volonté de cette tripartite CDH-ECOLO-MR de donner le meilleur d’elle-même pour servir les intérêts de Namur et de tous ses habitants. Grâce à la confiance que les Namurois m’ont accordé une nouvelle fois en masse, à la bonne tenue voire le progrès de la majorité de nos formations et à la reconduction logique de notre attelage tripartite, nous allons pouvoir mettre en œuvre le projet de ville cohérent et durable sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années, et concrétiser le bon aboutissement d’une série de chantiers, tantôt de grande ampleur tantôt moins, que nous avons initiés. Dans l’expression de leurs votes, les Namurois ont clairement dit qu’ils adhéraient à cette dynamique que j’ai le plaisir d’impulser et à la vision de la ville qu’ensemble, nous mettons en œuvre avec enthousiasme et conviction depuis douze ans.

Bien entendu, une campagne est riche d’enseignements. Au-delà de ce puissant soutien populaire à notre projet de ville et à notre majorité, il y a des messages clairs qui ont été diffusés, partagés, débattus et finalement entendus. Je pense à la question de la gouvernance, que nombre de citoyens souhaiteraient plus participative. Je pense à la question de la transition écologique[1], qui conscientise sans cesse plus les citoyens et nous impose de penser nos décisions avec d’autres prismes. L’électeur a été clair à ce sujet. Je pense encore à la question du développement de notre cœur de ville, de ses commerces, de ses contraintes de mobilité. Je pense enfin à la question du logement, et singulièrement du logement pour tous, à une époque où cela devient compliqué et souvent trop coûteux de se loger et vivre à Namur. Plus globalement, c’est toute la question de la lutte contre cette précarité qui gagne du terrain partout en Europe et même à Namur, qui est posée avec plus d’intensité qu’auparavant, et plus d’exigence de réponse de terrain probante.

Nous allons pouvoir mettre en œuvre le projet de ville cohérent et durable sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années, et concrétiser une série de chantiers.

Nous entendons bien entendu répondre à ces questions de fond par des actes et des décisions qui permettront, dans six ans, de mesurer les progrès réalisés en faveur des Namurois. Nous travaillerons avec méthode et sérieux pour ce faire, nous appliquant à mettre en œuvre un projet de ville qui conserve toute sa cohérence et l’ambition dont il a pu témoigner jusqu’ici et qui a été conforté par les urnes en octobre dernier ; tout en ajustant le tir des impulsions données pour mieux intégrer et mieux prendre en compte encore ces tonalités plus spécifiques dans notre projet.

Cette volonté se reflète déjà dans la manière dont nous avons souhaité réorganiser les blocs de compétences des échevins, s’écartant assez largement de l’organisation du précédent Collège communal pour indiquer, au travers des nouveaux échevinats constitués, que ces attentes citoyennes avaient bien été entendues et qu’elles influenceront incontestablement le travail à venir.

Ainsi, pour la toute première fois, un échevinat de la Participation citoyenne est créé. Couplé assez logiquement à l’Education, il sera veillé à impliquer plus encore les citoyennes et citoyens dans les politiques de la Ville à travers des processus de participation. Matière éminemment transversale, la participation est élevée en leitmotiv de notre action collective. Des synergies seront à développer avec tous les échevinats pour lui donner corps, non pas pour ralentir les dossiers à mettre en œuvre, mais davantage pour favoriser l’appropriation citoyenne des dossiers d’importance émaillant l’actualité communale. Des budgets participatifs seront aussi mis en application pour la première fois, de manière structurée. Cette même logique participative continuera d’être impulsée dans le travail mené aux côtés des divers conseils consultatifs existants[2] et comités de quartier.

Namur s’est déjà profilée depuis plusieurs années comme Capitale durable de Wallonie. Ce titre n’est nullement le reflet d’une posture prétentieuse, mais bien d’une ambition : faire de la capitale wallonne la ville la plus en pointe en matière de développement et de consommation durable. A cet effet, et afin de maximaliser les résultats à obtenir par une plus forte articulation de matières jusque-là éclatées entre un grand nombre d’échevins, un nouvel échevinat de la Transition écologique va voir le jour. Innovant dans le paysage wallon pour une grande ville, il marque cette sensibilité forte de votre majorité communale à l’égard des défis environnementaux, alimentaires et climatiques ainsi que notre volonté de nous inspirer du mouvement des « villes en transition ». La Ville de Namur a adhéré en décembre 2013 à la convention des Maires, rejoignant ainsi une communauté riche de plus de 6000 autorités européennes, en se fixant des objectifs ambitieux pour diminuer son empreinte carbone. Pour atteindre ces objectifs à l’horizon 2030, la Ville de Namur a mis sur pied un Plan Climat Energie local. Élaboré sur base d’un bilan global des émissions de CO2 sur le territoire communal, ce plan est une feuille de route qui concrétise au travers de 25 actions la volonté de prendre une part active dans la résolution des défis climatiques et énergétiques de notre planète.

Il sera veillé à impliquer plus encore les citoyennes et citoyens dans les politiques de la Ville à travers des processus de participation.

La révolution électrique doit aussi être mieux prise en compte dans notre capitale : l’objectif est qu’un grand nombre de places de parking publiques soient à terme équipées de bornes pour le rechargement électrique des véhicules, des scooters ou des vélos. Ces bornes seront aussi imposées dans tous les nouveaux grands ensembles immobiliers et à partir de dorénavant, l’octroi de nouvelles licences de taxi sera conditionné à des véhicules zéro émission. Il y sera veillé pour le parc automobile de la Ville également. Complémentairement, cet échevinat de la transition écologique et territoriale imposera la poursuite d’un aménagement du territoire maitrisé[3], luttant contre l’étalement urbain, favorisant les espaces verts et l’éco-mobilité (sentiers) dans nos villages et quartiers. La consommation durable prendra une nouvelle dimension pour favoriser à l’avenir les circuits-courts, l’économie circulaire, la production locale et nos maraîchers. Lui greffer l’outil que peut représenter à cette fin la Régie foncière, témoigne de notre volonté forte de disposer d’un éventail de leviers cohérent pour réussir cette transition écologique, qui devra par ailleurs impérativement s’articuler avec le travail en faveur d’une mobilité fluide et alternative réussie pour donner son plein potentiel.

Une ambition : faire de la capitale wallonne la ville la plus en pointe en matière de développement et de consommation durable

La création de logements financièrement plus accessibles sera un objectif assumé de cette majorité, notamment pour les familles recomposées, les personnes à faible revenu ou âgées. Des initiatives seront prises pour stimuler la création de logements publics additionnels sur notre territoire avec les divers acteurs publics (SLSP), privés ou associatifs. Nous continuerons à déployer une politique active à travers notamment une stratégie de création de logements sociaux, un renforcement de l’agence immobilière sociale (via l’engagement logement), une amplification de la lutte contre les logements inoccupés ou encore une mobilisation de la Régie foncière. S’agissant de logements, ceux qui existent dans le cœur de ville doivent aussi conserver leur attrait. Une politique d’animation bien pensée et une politique de vie nocturne assumée doivent être plus clairement définies. Il faut retrouver le plaisir d’habiter en ville. Les étages des commerces doivent continuer d’être mobilisés pour être convertis en logements, comme nous l’avons fait pour plus d’une centaine de cas sous la législature écoulée. L’urbanisme constituera à cet effet un levier de premier plan.

De même, le commerce doit retrouver un nouveau souffle pour que le cœur de Ville, de Namur à Jambes, sans oublier Salzinnes ou Bouge par exemple, puisse rester un facteur d’attraction majeur de notre commune. Il nous faudra lutter contre l’érosion de clientèle qui frappe toutes les villes dont la nôtre, par des solutions créatives en matière de mobilité (le futur système de transport intelligent doit y contribuer); par des solutions créatives en matière de stationnement (il conviendra singulièrement de concrétiser la création des nouveaux parkings souterrains aux quatre coins de la corbeille[4], d’autant qu’ils libéreront en même temps de l’espace public au bénéfice des piétons et modes doux) ; par une attention accrue aux questions élémentaires de propreté et d’indispensable sécurité ; et par une revitalisation de certains quartiers pour qu’ils retrouvent un pouvoir de séduction et offrent un beau cadre de vie à nos familles et aux touristes (pensons aux quartiers de la Gare, des Casernes ou le bas de la Ville qui doivent retrouver un nouveau visage). La dynamique d’animation de l’asbl GAU sera soutenue et la concertation avec les associations de commerçants sera systématisée. Le moratoire sur la création de commerces relatifs à l’équipement de la personne le long de la N4 à Erpent sera prolongé durant toute la législature. La Ville évaluera la possibilité d’agir sur les prix des loyers, jugés disproportionnés, ou de revitaliser certaines artères en jouant elle-même un rôle de bailleur avantageux via notamment sa Régie foncière. Nous n’oublierons pas non plus nos cœurs de village et les commerces de proximité à préserver voire renforcer.

Parce que nous savons que la mobilité est un enjeu stratégique tant pour la qualité de l’air et le cadre de vie de nos quartiers que pour l’attractivité de notre commune, nous avons choisi de développer, grâce aux fonds européens, un Système de Transport Intelligent, c’est-à-dire de concevoir et de développer une solution globale permettant de gérer de façon dynamique la mobilité à l’échelle de la Ville, et qui comprend tous les dispositifs de collecte d’information, le traitement des données relatives à la mobilité et leur gestion intégrée en vue de la diffusion d’informations, tant pour les usagers que pour les gestionnaires. Le futur STI de Namur devrait ainsi aider tant les gestionnaires que les usagers : être bien informés en temps réel pour opérer les bons choix de mobilité. Face aux nouvelles mobilités qui se développent et aux nouveaux besoins qui apparaissent, nous souhaitons faire évoluer le STI vers un MaaS (de l’anglais Mobility as a service), c’est-à-dire un système de services de Mobilité. Ce MaaS doit permettre à chaque usager, une fois bien informé (STI), de commander son meilleur choix de mobilité parmi une palette de solutions publiques et privées. Le choix de privilégier la technologie ANPR (Automatic Number Plate Recognition ou lecteur automatique de plaque d’immatriculation) dans le STI namurois permettra aussi d’adapter les droits d’accès à certaines catégories d’usagers : usage réservé des sites propres bus, ou du piétonnier, mais aussi demain la question d’une zone « basse émission », … Et ces droits peuvent aussi devenir « personnalisés » : accès du piétonnier réservé aux riverains, accès à une zone de stationnement pour un déménagement, accès automatique au parking pour les abonnés, … Complémentairement, cela doit aussi permettre à la Ville d’étoffer sa politique de mobilité. A ce titre, la Ville devra aussi ouvrir les services aux opérateurs privés, tout en veillant à garantir sa ligne politique : accès aux parkings publics gérés par les opérateurs privés, système de payement en ligne pour le stationnement en voirie, accès aux véhicules et vélos partagés, aux transports publics,…

Namur continuera de se montrer volontariste en matière d’intermodalité et veillera à réaliser des aménagements (bandes bus, P+R,…) pour favoriser les déplacements alternatifs et collectifs. Les modes doux resteront au cœur des préoccupations du Collège, consolidant chaque jour davantage notre statut de ville ouverte et avant-gardiste en matière de déplacements vélos. A cette fin, le Ravel urbain se poursuivra, de même que les aménagements de bords de fleuve destinés à en favoriser les interconnections. Si la Ville n’a pas la main sur les TEC ni sur la SNCB, elle souhaite continuer d’avoir un dialogue fécond avec ces interlocuteurs pour développer une offre moderne et adaptée en bus et train sur notre territoire, du cœur de ville jusqu’aux villages périphériques. Par ailleurs, conjuguant à la fois les réflexions en matière de sécurité et de mobilité, des expériences-pilotes seront tentées avec certains établissements scolaires pour améliorer le trafic autour de ceux-ci lors des heures de dépôt et ramassage scolaires.

Nous comptons bien continuer, comme par le passé, de faire de cette politique de lutte contre la pauvreté la mère de toutes les politiques.