Dossier

Les services communaux sur le pont

Les premiers temps, c’était un message simple, clair, essentiellement préventif : lavez-vous les mains, évitez les contacts, toussez dans votre coude. On en sourit, tout en regardant d’un œil prudent le collègue enrhumé, et en cherchant de nouveaux moyens de se saluer, du coude ou du pied. 

Très vite, l’annulation des événements, la fermeture des écoles et des lieux communautaires contraignent l’administration à réorganiser une grande partie de ses services pour assumer ses missions obligatoires et répondre aux besoins des uns et des autres tout en respectant les règles imposées à tout un chacun : confinement et distanciation sociale. 

Le plan d’urgence communale est déclenché rapidement. Les réunions physiques cèdent la place aux téléconférences, qui se multiplient entre autres pour continuer le suivi des dossiers de fond et, nécessairement, la gestion politique de la Ville. Noyau des prises de décisions, la cellule de crise se réunit à de nombreuses reprises pour faire le point et prendre les orientations utiles selon les recommandations faites par le Conseil national de sécurité. 

Les piscines, les musées, les centres sportifs ferment leurs portes. Leur personnel est réaffecté à d’autres missions, essentiellement sociales. En effet, les publics les plus fragiles, tant les personnes âgées ou isolées que ceux vivant dans la rue, ont besoin d’une attention particulière. Des infrastructures temporaires sont mises sur pied en un temps record : abri de nuit à Basse-Enhaive, accueil de jour, centre de confinement pour personnes sans abri, centre d’accueil d’urgence pour les victimes de violences intrafamiliales, distribution de repas, soutien moral aux personnes isolées…  D’autres, dans l’ombre, répondent aux demandes de soutien comme aux mails de bénévoles qui se proposaient d’aider.

Sur le terrain, pour veiller au respect des mesures, la police multiplie les patrouilles et les interventions. Les pompiers, et leur flotte d’ambulances dédiée au service médical d’urgence, sont mobilisés comme jamais. 

Pour assurer les missions de la commune tout en assurant la sécurité sanitaire de toutes et tous, l’organisation de la Maison des Citoyens est entièrement revue. Désormais, les démarches se font sur rendez-vous ou en ligne, via le e-Guichet.     

Pour soutenir le personnel soignant, des distributions de masques sont organisées à la Maison des Citoyens, pour les infirmiers, infirmières et kinésithérapeutes. Pour soutenir les commerçants et commerçantes, des panneaux de plexiglass sont installés dans les pharmacies, les boulangeries, et certains magasins de proximité.  

Ailleurs, le télétravail devient la norme. Pour permettre cet aménagement à une frange importante du personnel, les services techniques déploient un réseau virtuel d’une ampleur inédite à l’administration, en un minimum de temps. Les présences au sein des bureaux s’organisent à tour de rôle, et le travail de fond se poursuit : ici pour gérer des questions moins visibles mais nécessaires, là pour mettre son savoir –faire au service de l’urgence. Et derrière cette logistique technique, une autre se poursuit : la gestion des contrats des uns et des autres, des statuts, des assurances, l’accompagnement des travailleurs et travailleuses, administrativement et psychologiquement. 

Car les missions ne sont pas faciles. Malheureusement, la charge de travail des personnes qui s’occupent des décès et des enterrements est sensiblement alourdie. Dans des conditions particulières, et les ouvriers à l’œuvre dans les cimetières font un travail difficile, qui mérite d’être salué avec respect. 

Dans les bâtiments communaux, il faut fournir les masques, le gel hydro-alcoolique en quantité suffisante… En rue, les équipes de la propreté redoublent de vigilance pour lutter contre les dépôts sauvages d’immondices. Le personnel d’entretien a, partout où c’était nécessaire, nettoyé, désinfecté, et renettoyé encore, pour la sécurité du personnel et du public. 

Dans les écoles, un accueil a été maintenu tout du long (voir l’article sur le sujet) tandis qu’une plateforme d’école à distance était développée en quelques jours, en soutien au corps enseignant et aux parents.  

Au final, entre la distribution des repas, les courses alimentaires et pharmaceutiques, le réaménagement de locaux, la gestion de files devant le poste médical avancé, le gardiennage, la fabrication de masques et de sur-blouses avec le CPAS, plus de 400 collègues découvrent d’autres missions, en toute solidarité.

Quels que soient les départements, les grades, les domaines de compétences, les responsabilités, tous et toutes se coordonnent pour offrir aux citoyennes et aux citoyens des informations fiables, des services concertés et disponibles tout au long de la crise. 

Cette réponse à une situation aussi inédite qu’extraordinaire a été possible grâce à l’investissement sans réserve de l’ensemble des agents et agentes de la Ville de Namur, à tous les niveaux.

Tous et toutes, nous nous sommes adaptés, parfois en faisant de notre cuisine notre nouveau cadre de travail, parfois en se mettant au service d’un projet bien éloigné de notre quotidien, afin de permettre aux Namurois et Namuroises de trouver de l’aide, du soutien, des réponses auprès de leur commune chaque fois que cela été possible, avec bienveillance, utilité et efficacité.